Saskia Fiszel, fondatrice et COO de Virgil
Pour les fondateurs de start-up de série A et au-delà, aborder le paysage actuel pour terminer l'année 2024 en beauté nécessite deux approches apparemment contradictoires, mais logiques.
Tout d'abord, nous avons tous recentré notre attention sur la rentabilité plutôt que sur les indicateurs de vanité. La vieille rengaine de la croissance à grande vitesse sans modèle économique a fait son temps. La nouvelle mélodie est claire : rentabilité, rentabilité, rentabilité. Et c'est excellent pour bâtir une économie plus saine !
Cependant, soyons tout aussi prudents avec les œillères de la rentabilité qu'avec les mirages de la croissance :
Les fondateurs, à mon avis, essaient de changer le monde. Et pour ce faire, ils doivent créer une innovation à grande échelle. Nous savons que cela exige une grande ambition. Créer une petite PME rentable est une chose, mais créer une entreprise rentable ET disruptive qui change le visage de notre économie est encore plus grand. Bien qu'il soit essentiel d'être financièrement prudent, cela ne doit pas étouffer le désir de transformer les industries dans lesquelles les fondateurs de start-up opèrent. Selon moi, le grand défi pour les start-up en 2024 est d'adopter des pratiques commerciales responsables tout en maintenant leurs objectifs ambitieux.
Pour rester compétitives et faire une réelle différence, les start-up doivent continuer à innover de manière stratégique. Cependant, avec des ressources plus rares, les fondateurs doivent prioriser les initiatives les plus prometteuses et se concentrer sur celles qui ont le plus grand potentiel de création de valeur, tout en évitant la dispersion. Pour « réussir » en 2024, il n'y a pas de formule magique : il faudra être extrêmement sélectif et rigoureux dans la direction de l'entreprise ainsi que dans le respect des délais pour donner à l'innovation la place qu'elle mérite.
Loic Mocellin, coach exécutif, partenaire opérationnel de start-up
Ne freinez pas vos ambitions...
...du moins, pas toutes !
Les investissements et les valorisations des start-up ne sont pas au mieux de leur forme, vous l'avez peut-être déjà remarqué ! Mais cela ne suffit pas à créer une crise. C'est peut-être suffisant pour montrer une bulle qui vient d'éclater après quelques décennies de folie.
Affectez vos équipes aux activités « de base ».
Ne laissez pas les fruits mûrs à portée de main sur l'arbre.
Faites confiance à votre équipe de direction pour prendre les bonnes décisions.
Embauchez bien, licenciez rapidement, par respect pour les travailleurs acharnés.
En étant pragmatique et résilient, vous serez en mesure de consacrer 20 % de votre temps, avec votre équipe de direction, à prévoir ce qui se passera au-delà du second semestre. Travaillez sur les plans A, B et C... et définissez à l'avance ce qui les déclenchera. Lorsque vous êtes dans le feu de l'action, les décisions peuvent être irrationnelles, et vous voudrez peut-être éviter cela.
Apprenez à écouter vos émotions. Acquérez une compréhension claire de ce qui les déclenche. Élaborez des moyens de les canaliser pour être le grand leader inspirant dont ils ont tous besoin.
Si vous faites confiance à vos équipes pour faire tourner le moteur, elles vous feront confiance pour prendre les meilleures décisions dans les moments critiques et pour prendre la bonne direction.
Oh... et si vous ne pouvez pas gérer, ouvrez-vous et trouvez-vous un partenaire de discussion. Il est de votre devoir de travailler sur vous-même et de remettre en question votre statu quo, afin de rester bon dans ce que vous faites.